1938

Lettre aux Rosmer (9902), dictée en français, avec la permission de la Houghton Library.

Source : Léon Trotsky, Œuvres 19, octobre 1938-décembre 1938. Institut Léon Trotsky, Paris 1985, pp. 240.

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Trotsky

Léon Trotsky

Œuvres

[Il faut informer Siéva]

(8 décembre 1938)

Chers Amis,

Nous avons bien reçu vos lettres, la seconde aujourd’hui annonçant que, durant les quelques semaines passées, Jeanne n’a pas envoyé Siéva chez vous. Il ne reste que la procédure légale comme vous le voyez de ma lettre adressée à Gérard. Je joins une nouvelle copie de ma lettre à Siéva [1]. J’espère qu’avec les jeunes amis vous trouverez la possibilité de la transmettre directement à Siéva.

J’attends l’initiative nécessaire de la part de Gérard ou de quelque autre camarade que vous trouverez indiqué pour cette affaire délicate, mais c’est absolument nécessaire. Jeanne peut bien tromper le garçonnet systématiquement. Il faut qu’il sache que nous voulons vivre ensemble avec lui et avec Jeanne, que c’est Jeanne qui ne le veut pas et qui foule ainsi aux pieds non seulement mes droits, mais aussi ceux du père de Siéva et de sa sœur qui présenteront un jour leurs droits. II est assez grand garçon pour comprendre cela si on le lui explique bien, une fois, deux fois, trois fois, maintes fois. Je crois que quelque camarade pourrait bien se présenter chez Jeanne et expliquer la situation à Siéva en présence de Jeanne.

Il faut qu’elle comprenne qu’elle ne gagnera rien par de petites ruses et des mensonges. Mais la procédure légale doit suivre son cours parallèlement. Puisqu’elle reconnaît elle-même n’avoir pas de droits légaux, sa manière d’agir représente un acte criminel, la séquestration par violence, mensonges, etc. Il faut qu’elle comprenne qu’il s’agit là d’une grande responsabilité.

Notes

1

Trotsky avait écrit à son petit-fils par l’intermédiaire de Jeanne une lettre en recommandé. Jeanne avait affirmé ne pas l’avoir reçue. Trotsky avait adressé un double aux Rosmer, que Marguerite avait remis à Jeanne, pour Siéva. Trotsky n'ayant pas de réponse du jeune garçon, pensait à juste titre que Jeanne ne lui avait pas remis la lettre. La nouvelle copie était destinée à être remise à Siéva directement mais apparemment non à l’insu de Jeanne.